
Le crowdfunding et le crowdlending appartiennent à la grande famille du financement participatif. Ils reposent sur un principe commun : permettre à plusieurs investisseurs de financer collectivement des projets portés par des entreprises, des promoteurs ou des entrepreneurs, souvent via des plateformes en ligne.
Pourtant, ces deux modèles sont souvent confondus, alors qu’ils répondent à des logiques financières très différentes. La distinction essentielle tient à une question simple : finance-t-on un projet en devenant propriétaire d’une part de celui-ci, ou en prêtant de l’argent avec l’espoir d’un remboursement assorti d’intérêts ?
Utiliser indistinctement les termes crowdfunding et crowdlending peut conduire à des malentendus importants, notamment en matière de risque, de rendement et de droits de l’investisseur. Avant de comparer des projets ou des performances, il est donc indispensable de comprendre le rôle exact joué par l’investisseur dans chaque modèle.
Ce guide a pour objectif d’expliquer de manière claire et accessible la différence entre crowdfunding et crowdlending, en s’appuyant sur les notions clés de dette, equity, obligations, créancier, rendement et risque, sans entrer dans des considérations fiscales ou réglementaires spécifiques.
Le crowdfunding désigne un mode de financement participatif basé sur l’equity, c’est-à-dire la prise de participation au capital d’un projet ou d’une entreprise. L’investisseur ne prête pas de l’argent. Il devient propriétaire de parts ou d’actions, avec les droits et les risques que cela implique.
Dans un modèle de crowdfunding en equity, les fonds apportés servent à financer le développement d’un projet. En contrepartie, l’investisseur reçoit une participation au capital. Les gains potentiels prennent deux formes :
Il n’existe aucune promesse de rendement fixe. Le capital investi n’est pas garanti et dépend entièrement de la réussite économique du projet.
Le terme crowdfunding regroupe plusieurs réalités :
Dans cet article, la comparaison avec le crowdlending concerne majoritairement le crowdfunding en equity, car c’est là que la confusion est la plus fréquente.
Le crowdfunding en equity peut offrir un potentiel de performance élevé, notamment en cas de succès du projet financé. Il permet également de participer à des projets entrepreneuriaux ou immobiliers à des montants parfois plus accessibles.
En contrepartie, le risque est élevé : le capital peut être partiellement ou totalement perdu, la liquidité est faible, et l’horizon d’investissement souvent long et incertain.
Le crowdlending repose sur une logique totalement différente : celle de la dette.
L’investisseur agit comme prêteur, et non comme propriétaire. Il met des fonds à disposition d’un projet, d’une entreprise ou d’un porteur d’opération, en échange d’un remboursement du capital et du paiement d’intérêts.
Dans un schéma de crowdlending, l’investissement prend généralement la forme :
Les conditions sont définies à l’avance : montant prêté, durée, taux d’intérêt, calendrier de remboursement. Le rendement est connu contractuellement, sous réserve que le porteur de projet respecte ses engagements.
Le crowdlending s’appuie souvent sur des mécanismes juridiques précis.
Ces éléments influencent directement le niveau de risque du placement.
Le principal attrait du crowdlending réside dans la prévisibilité des flux financiers et le rang du remboursement (qui intervient avant la partie equity). L’investisseur connaît à l’avance les modalités de versement des intérêts et de remboursement du capital. En contrepartie, ce modèle expose à un risque de défaut de l’emprunteur : en cas de difficulté financière du porteur de projet, le remboursement peut être retardé ou partiel, voire entraîner une perte du capital investi.
Bien que les termes soient parfois confondus, le crowdfunding et le crowdlending reposent sur des logiques d’investissement fondamentalement différentes. Comprendre ces différences permet de mieux appréhender le fonctionnement de chaque modèle, notamment dans le cadre de projets immobiliers participatifs.
La première différence concerne la nature juridique de l’investissement.
En crowdfunding, l’investissement se fait généralement en equity. L’investisseur apporte des fonds en échange de parts, d’actions ou de titres assimilés, et devient associé ou actionnaire du projet. Il participe indirectement à la création de valeur, mais ne dispose pas d’un droit au remboursement du capital.
En crowdlending, l’investissement relève de la dette. L’investisseur agit comme prêteur ou créancier. Il met des fonds à disposition d’un porteur de projet via un prêt ou une obligation, avec des modalités contractuelles définies à l’avance (durée, taux d’intérêt, remboursement).
Le risque financier ne se situe pas au même niveau dans les deux modèles.
En crowdfunding, le risque est directement lié à la réussite globale du projet. Si celui-ci échoue ou génère une performance inférieure aux attentes, l’investisseur peut perdre tout ou partie de son capital, sans priorité de remboursement.
En crowdlending, le risque porte principalement sur la capacité de remboursement du porteur de projet. En cas de défaut, la récupération du capital dépend notamment du rang de la dette et de l’existence éventuelle de sûretés (hypothèque, nantissement, garanties contractuelles). Le remboursement de la dette intervient toujours avant le remboursement de l’equity.
Les mécanismes de rendement diffèrent sensiblement.
En crowdfunding, le rendement est incertain et variable. Il dépend de la performance finale du projet (revente, distribution de dividendes, valorisation des parts). Il n’existe pas de flux financiers prédéfinis.
En crowdlending, le rendement est généralement fixé contractuellement. Les intérêts sont définis à l’avance et versés selon un calendrier prévu, sous réserve du bon déroulement du projet et du respect des engagements par l’emprunteur. Ce rendement n’est toutefois pas garanti.
La liquidité constitue une autre différence majeure.
En crowdfunding, les investissements sont souvent peu liquides, car il n’existe pas de marché secondaire organisé. Les fonds sont généralement immobilisés jusqu’à la sortie du projet.
En crowdlending, la durée d’investissement est connue dès l’origine, puisqu’elle correspond à la maturité du prêt ou de l’obligation. La liquidité reste limitée pendant cette période, mais l’échéance est contractuellement définie.
Ces différences impliquent des profils d’investisseurs distincts.
Le crowdfunding s’adresse plutôt à des investisseurs acceptant une prise de risque plus élevée, avec une incertitude sur le rendement et l’horizon de sortie, en échange d’un potentiel de performance supérieur.
Le crowdlending attire généralement des investisseurs recherchant une meilleure lisibilité des flux financiers, une structure contractuelle claire et une exposition au risque davantage encadrée, tout en acceptant un risque de défaut.
Dans un projet de crowdfunding en equity, un investisseur apporte CHF 1’000. Il reçoit des parts d’une entreprise. Si celle-ci se développe fortement, la valeur des parts augmente. En cas d’échec, le capital peut être perdu.
Dans un projet de crowdlending, l’investisseur prête CHF 1’000. Il perçoit des intérêts selon un calendrier défini et récupère son capital à l’échéance, sous réserve de la solvabilité du projet.
Dans un environnement économique incertain, de nombreux investisseurs recherchent davantage de visibilité et de structuration contractuelle.
La dette répond à cette attente en proposant :
Cela ne supprime pas le risque, mais en change la nature.
Swissroc s’inscrit dans une logique de dette privée immobilière. Les projets immobiliers sont financés via des mécanismes de prêt et non via une prise de participation au capital. Il s’agit donc d’une approche par la dette. Elle repose sur une structuration contractuelle et une logique de créancier.
Disclaimer réglementaire
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Tout investissement immobilier ou financier comporte des risques, notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Avant toute décision, il appartient à chaque lecteur d’évaluer sa situation personnelle, ses objectifs patrimoniaux et sa tolérance au risque, et, le cas échéant, de se faire accompagner par un professionnel habilité.